Mbandaka - Dans la chaleur humide de Bolenge, une zone de santé située à 10 km de Mbandaka, dans la province de l’Équateur, au nord-ouest de la République démocratique du Congo, Marc Loseno n’oubliera jamais les premiers jours de la flambée de mpox, cette maladie virale qui se transmet de l’animal à l’humain ou d’une personne à une autre par contact étroit avec des lésions, des liquides corporels ou des objets contaminés. Hygiéniste en première ligne, chaque matin, en franchissant les portes du centre de traitement mpox de sa localité, il avançait avec une peur silencieuse : celle de contracter la maladie en tentant de protéger les siens.
Face à cette menace, entre janvier et juillet 2025, une riposte d’urgence financée à hauteur d’un million de dollars par la Banque africaine de développement et mise en œuvre par l’Organisation mondiale de la Santé, a été déployée en soutien aux autorités sanitaires et pour protéger les communautés dans cette partie du pays.
Marc Loseno fait partie de plus de 3 000 bénéficiaires ayant reçu ces équipements et des informations essentielles sur la prévention de la maladie à travers des gestes simples. Dans les cartons soigneusement emballés se trouvaient du savon, du chlore, des seaux, des gants, des fiches explicatives et d’autres fournitures de base — autant d’objets ordinaires qui, ici, changent la manière de travailler, et parfois même de survivre dans des contextes d’urgence.
À Mbandaka, tout comme dans les zones de santé de Bikoro et Ingende, les cas suspects ont bénéficié d’une confirmation rapide en laboratoire, grâce notamment à l’installation et à l’équipement de trois laboratoires et au déploiement de la technologie GeneXpert avec 4 800 cartouches mises à disposition.
« L’arrivée des vaccins nous a soulagés. Nous n’avons plus peur de recevoir nos patients en consultation », témoigne Monique Mulo Itala, infirmière titulaire au centre de santé Mama wa Elikya à Mbandaka.
Marc a vu ainsi son quotidien transformé, lui redonnant confiance, tout comme pour les 150 prestataires de santé formés aux mesures de prévention et de contrôle des infections, et à la gestion des déchets médicaux, afin de mieux faire face aux épidémies.
« En tant qu’agent de première ligne, je suis fier d’avoir reçu un kit de prévention et de contrôle des infections et d'avoir pu renforcer mes compétences. Grâce à cela, je travaille désormais en toute sécurité, protégeant à la fois les patients et ma petite famille », explique-t-il, le sourire aux lèvres.
De plus, les pratiques de prévention s’ancrent progressivement dans les habitudes, tant dans les villages que dans les centres urbains : lavage des mains, désinfection systématique des surfaces et gestion des déchets deviennent des réflexes quotidiens, contribuant à mieux protéger les communautés contre diverses infections. Cette dynamique est particulièrement importante pour les enfants, qui représentaient 63 % des cas suspects et 80 % des décès au niveau national.
Pour la Représentante par intérim de l’OMS en RDC, la Dre Anne Ancia, « les résultats obtenus dans la province de l’Equateur montrent qu’une approche intégrée, combinant la prévention et le contrôle des infections, la détection et le diagnostic rapide, la prise en charge précoce et de qualité des cas, la vaccination des personnes les plus à risque et l’engagement des communautés, permet d’atténuer la menace posée par la mpox et par d’autres maladies transmissibles, même dans les contextes les plus difficiles. »
« En donnant aux acteurs locaux les moyens d’agir, il est possible de protéger durablement les populations. L’OMS se réjouit de l’appui décisif de la Banque africaine de développement qui a permis de sauver des vies et de renforcer la résilience des communautés. Nous serons heureux de consolider un tel partenariat afin de continuer à protéger les populations », conclut-elle.
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